Modification de Marshall Rosenberg et la justice restaurative

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== Démonstration du rôle du médiateur (facilitateur) à Londres, le 13 juin 2002 ==
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== Marshall Rosenberg et la justice réparatrice ==
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Démonstration du rôle du médiateur (facilitateur) à Londres, le 13 juin 2002
  
 
Transcription d'un jeu de rôle :
 
Transcription d'un jeu de rôle :
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Le temps nécessaire pour y arriver variera d'une personne à l'autre.
 
Le temps nécessaire pour y arriver variera d'une personne à l'autre.
  
'''Étape 2 :''' La victime exprime la douleur qu'elle sent en lien avec les actes du criminel. Grâce au soutien du médiateur, l'auteur d'abus sexuels reflète à la victime tous les sentiments encore vivants en elle, liés aux actes qu'il a perpétrés.
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'''Étape 2 :''' La victime exprime la douleur qu'elle sent en lien avec les actes du criminel. Grâce au soutien du médiateur, l'auteur d'abus sexuels reflète à la victime tous les sentiments encore vivants en elle, liés aux actes qu'il a perpetrés.
  
 
En Communication non violente, on appelle cela donner de l'empathie. Ce processus peut prendre un certain temps, mais il est nécessaire de le poursuivre jusqu'à ce que la victime éprouve clairement la satisfaction d'être pleinement comprise. Tant que cela n'arrive pas, nous pouvons prédire que la victime ne sera pas capable d'entendre les sentiments et les besoins du criminel, et cela limitera la profondeur du processus de guérison.
 
En Communication non violente, on appelle cela donner de l'empathie. Ce processus peut prendre un certain temps, mais il est nécessaire de le poursuivre jusqu'à ce que la victime éprouve clairement la satisfaction d'être pleinement comprise. Tant que cela n'arrive pas, nous pouvons prédire que la victime ne sera pas capable d'entendre les sentiments et les besoins du criminel, et cela limitera la profondeur du processus de guérison.
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'''Étape 3 :''' Le criminel va explorer au fond de lui les sentiments qu'il éprouve; il les exprime ainsi que les besoins personnels auxquels qu'il n'a pas répondu en posant cet acte.
 
'''Étape 3 :''' Le criminel va explorer au fond de lui les sentiments qu'il éprouve; il les exprime ainsi que les besoins personnels auxquels qu'il n'a pas répondu en posant cet acte.
  
En Communication NonViolente, c'est ce que l'on appelle un processus de deuil. Et c'est fondamentalement différent d'un quelconque moyen qui encouragerait le criminel à ressentir de la culpabilité ou de la honte.
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En Communication nonviolente, c'est ce que l'on appelle un processus de deuil. Et c'est fondalement différent d'un quelconque moyen qui encouragerait le criminel à ressentir de la culpabilité ou de la honte.
  
 
'''Étape 4 :''' Le criminel dit ce qui se passait à l'intérieur de lui quand il a agi ainsi, c'est-à-dire exprimer les sentiments et les besoins qui l'ont amené à agir comme cela.
 
'''Étape 4 :''' Le criminel dit ce qui se passait à l'intérieur de lui quand il a agi ainsi, c'est-à-dire exprimer les sentiments et les besoins qui l'ont amené à agir comme cela.
Il ne s'agit pas de donner des explications ou des justifications de ce qu'il a fait: par exemple, «parce que j'ai été abusé étant enfant».
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Il ne s'agit pas de donner des explications ou des justifications de ce qu'il a fait: par exemple, «parce-que j'ai été abusé étant enfant».
 
La victime reflète au criminel les sentiments et les besoins qui étaient vivants en lui, et qui l'ont amené à agir comme il l'a fait.
 
La victime reflète au criminel les sentiments et les besoins qui étaient vivants en lui, et qui l'ont amené à agir comme il l'a fait.
  
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'''Étape 5 :''' La victime et le criminel se font des demandes spécifiques l'un à l'autre.
 
'''Étape 5 :''' La victime et le criminel se font des demandes spécifiques l'un à l'autre.
  
Nous croyons qu'il est essentiel que le médiateur vérifie si l'un ou l'autre a besoin de passer par cette étape, pour que le processus de guérison soit complet.
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Nous croyons qu'il est essentiel que le médiateur vérifie si l'un ou l'autre a besoin de passer par cette étape, pour le processus de guérison soit complet.
  
 
Ce cycle d'empathie et de compréhension pour la douleur de la victime, de deuil pour les actes du criminel, et de compréhension de comment le criminel en est arrivé à faire ça, maximise la chance de guérison pour les deux parties.
 
Ce cycle d'empathie et de compréhension pour la douleur de la victime, de deuil pour les actes du criminel, et de compréhension de comment le criminel en est arrivé à faire ça, maximise la chance de guérison pour les deux parties.
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=== Transcription ===
 
=== Transcription ===
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Disons que la victime est une femme qui a été violée. Il y a deux ingrédients : expression du coeur et empathie. Voici à quoi cela va ressembler. La première chose que je vais faire c'est d'amener le criminel à se relier de manière empathique avec ce qui est vivant chez la victime. Je donne à la victime une chance de s'exprimer et de recevoir de l'empathie de la part du criminel.
 
Disons que la victime est une femme qui a été violée. Il y a deux ingrédients : expression du coeur et empathie. Voici à quoi cela va ressembler. La première chose que je vais faire c'est d'amener le criminel à se relier de manière empathique avec ce qui est vivant chez la victime. Je donne à la victime une chance de s'exprimer et de recevoir de l'empathie de la part du criminel.
  
La plupart du temps, quand les gens veulent punir quelqu'un, je pense que le besoin qu'il y a derrière cela - la punition - est une stratégie et non pas un besoin. Je pense qu'un de leurs besoins est que l'autre personne sache comment ils ont souffert. Mais où cela est-il possible dans notre société ? Les gens ne pensent qu'à une chose: qu'on les prennent pour des victimes - et il ne se passe rien - ou à la punition. Ce sont les deux seules options que nous voyons. Je serais curieux de voir une victime qui, après avoir vécu ce que je vais vous montrer maintenant, aurait encore envie de voir l'autre être puni. Les victimes, tout ce qu'elles veulent la plupart du temps, c'est voir l'autre personne souffrir.
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La plupart du temps, quand les gens veulent punir quelqu'un, je pense que le besoin qu'il y a derrière cela - la punition - est une stratégie et non pas un besoin. Je pense qu'un de leurs besoins est que l'autre personne sache comment ils ont souffert. Mais où cela est-il possible dans notre société ? Les gens ne pensent qu'à une chose: qu'on les prennent pour des victimes - et il ne se passe rien - ou à la punition. Ce sont les deux seules options que nous voyons. Je serais curieux de voir une victime, qui après avoir vécu ce que je vais vous montrer maintenant, aurait encore envie de voir l'autre être puni. Les victimes, tout ce qu'elles veulent la plupart du temps, c'est voir l'autre personne souffrir.
  
 
Voilà ce que je vais faire. Je vais commencer en aidant ce criminel à donner de l'empathie à la personne qu'il a violée. (NB: cela correspond à l'étape 2)
 
Voilà ce que je vais faire. Je vais commencer en aidant ce criminel à donner de l'empathie à la personne qu'il a violée. (NB: cela correspond à l'étape 2)
  
La victime: Savez-vous ce que ça fait d'être maintenue et de subir ça ? Savez-vous combien j'ai souffert ? Combien c'est horrible ? Espèce de monstre, espèce de salaud. J'aimerais vous voir mort.
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La victime: Savez-vous ce que ça fait d'être maintenue et de subir ça ? Savez-vous combien j'ai souffert ? Combien c'est horrible ? Espèce de monstre , espèce de salaud. J'aimerais vous voir mort.
  
 
Le médiateur au criminel: Je veux que vous vous remettiez en lien avec ce qu'elle est en train de vous dire. Qu'est-ce qu'elle ressent en ce moment ?
 
Le médiateur au criminel: Je veux que vous vous remettiez en lien avec ce qu'elle est en train de vous dire. Qu'est-ce qu'elle ressent en ce moment ?
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Le médiateur au criminel: Je vais vous dire ce que j'ai entendu et ensuite je veux que vous le répétiez.
 
Le médiateur au criminel: Je vais vous dire ce que j'ai entendu et ensuite je veux que vous le répétiez.
  
Le médiateur à la victime: Si je vous ai bien entendue, vous avez plein de sentiments. Vous êtes en colère qu'une chose pareille puisse vous arriver et vous voulez aussi de la compréhension pour la frayeur que vous avez eue en subissant ça.
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Le médiateur à la victime: Si je vous ai bien entendue, vous avez plein de sentiments. Vous êtes en colère qu'une chose pareille puisse vous arriver et vous voulez aussi de la compréhension pour la frayeur que vous avez eu en subissant ça.
  
 
La victime: Il n'y a pas que cela, ça c'est passé il y a deux ans et il ne se passe pas un jour de ma vie sans que je n'en souffre encore.
 
La victime: Il n'y a pas que cela, ça c'est passé il y a deux ans et il ne se passe pas un jour de ma vie sans que je n'en souffre encore.
  
Le médiateur à la victime: Donc, en plus de cela, vous voulez de la compréhension pour toute cette souffrance toujours présente au quotidien, pour la crainte qui reste en vous.
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Le médiateur à la victime: Donc en plus de cela, vous voulez un de la compréhension pour toute cette souffrance toujours présente au quotidien, pour la crainte qui reste en vous.
  
 
La victime: Oui
 
La victime: Oui
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Le criminel: Ne me faites pas faire ça.
 
Le criminel: Ne me faites pas faire ça.
  
Le médiateur: C'est terrifiant d'aller à l'intérieur et de voir vraiment comment on se sent d'avoir fait quelque chose comme ça. C'est tellement plus facile de vous insulter vous-même... Ou de dire qu'elle l'avait cherché, ou de vous justifier. Ça c'est facile, mais d'aller à l'intérieur après avoir vu comment l'autre personne a souffert, d'aller à l'intérieur et de vraiment exprimer comment vous vous sentez: ça, c'est effrayant. Donc je veux que vous alliez à l'intérieur et que vous me disiez comment vous vous sentez maintenant que vous voyez comment elle a souffert.
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Le médiateur: C'est terrifiant d'aller à l'intérieur et de voir vraiment comment on se sent d'avoir fait quelque chose comme ça. C'est tellement plus facile de vous insulter vous-même... Ou de dire qu'elle l'avait cherché, ou de vous justifier. Ça c'est facile, mais d'aller à l'intérieur après avoir vu comment l'autre personne a souffert, d'aller à l'intérieur et de vraiment exprimer comment vous sentez: ça, c'est effrayant. Donc je veux que vous alliez à l'intérieur et que vous me disiez comment vous vous sentez maintenant que vous voyez comment elle a souffert.
  
 
Le criminel: Je suis triste. Je suis triste.
 
Le criminel: Je suis triste. Je suis triste.
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Le médiateur au criminel: Maintenant je veux que vous lui disiez ce qui se passait en vous quand vous avez fait ça. Q'est-ce que vous resentiez quand vous l'avez fait. Lesquels de vos besoins essayiez-vous de satisfaire quand vous l'avez fait ?
 
Le médiateur au criminel: Maintenant je veux que vous lui disiez ce qui se passait en vous quand vous avez fait ça. Q'est-ce que vous resentiez quand vous l'avez fait. Lesquels de vos besoins essayiez-vous de satisfaire quand vous l'avez fait ?
  
Ce qui est intéressant à remarquer chez la victime à ce moment là, c'est qu'avant même que je ne le demande, après qu'elle a reçu de la compréhension pour sa souffrance, presque toujours, elle crie quelque chose comme : Comment avez vous pu faire ça ? Comment avez vous pu faire ça ?
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Ce qui est intéressant à remarquer chez la victime à ce moment là, c'est qu'avant même que je ne le demande, après qu'elle ait reçu de la compréhension pour sa souffrance, presque toujours, elle crie quelque chose comme : Comment avez vous pu faire ça ? Comment avez vous pu faire ça ?
  
 
Pour que la guérison puisse avoir lieu, nous avons d'abord besoin de véritable empathie, de compréhension, mais ensuite nous avons aussi besoin de savoir « comment cette personne a pu faire ça ? ». Parce que jusqu'à ce que nous puissions vraiment comprendre l'autre et voir pourquoi il a fait ce qu'il a fait, nous ne pouvons pas lui pardonner, et nous ne pouvons pas guérir tant que ne nous ne lui avons pas pardonné.
 
Pour que la guérison puisse avoir lieu, nous avons d'abord besoin de véritable empathie, de compréhension, mais ensuite nous avons aussi besoin de savoir « comment cette personne a pu faire ça ? ». Parce que jusqu'à ce que nous puissions vraiment comprendre l'autre et voir pourquoi il a fait ce qu'il a fait, nous ne pouvons pas lui pardonner, et nous ne pouvons pas guérir tant que ne nous ne lui avons pas pardonné.
  
En fait, en CNV, l'empathie et le pardon sont de même nature. Quand nous donnons de l'empathie, il n'y a rien à pardonner. Mais nous soulignons aussi ceci dans notre travail: n'amenez pas trop vite la victime à comprendre l'autre personne. Presque dès le départ et tout au long de leur vie, quelques personnes les ont encouragées à pardonner, comprendre l'autre personne. Et si elles le font avant la première partie, avant qu'elles ne soient entièrement comprises dans leur souffrance, la compréhension qu'elles donnent à l'autre personne ne peut qu'être superficielle. Et cela les coupe de leur propre guérison. Mais quand elles ont reçu la compréhension dont elles avaient besoin, d'habitude elle désirent ardemment comprendre ce qui a bien pu se passer chez l'autre personne quand elle a fait ce qu'elle a fait.
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En fait en CNV, l'empathie et le pardon sont de même nature. Quand nous donnons de l'empathie, il n'y a rien à pardonner. Mais nous soulignons aussi ceci dans notre travail: n'amenez pas trop vite la victime à comprendre l'autre personne. Presque dès le départ, et tout au long de leur vie, quelques personnes les ont encouragées à pardonner, comprendre l'autre personne. Et si elles le font avant la première partie, avant qu'elles ne soient entièrement comprises dans leur souffrance, la compréhension qu'elles donnent à l'autre personne ne peut qu'être superficielle. Et cela les coupe de leur propre guérison. Mais quand elles ont reçu la compréhension dont elles avaient besoin, d'habitude elle désirent ardemment comprendre ce qui a bien pu se passer chez l'autre personne quand elle a fait ce qu'elle a fait.
  
 
Le médiateur au criminel: Donc je veux que vous lui disiez maintenant ce qui se passait en vous au moment vous le faisiez. Qu'est-ce qui se passait ?
 
Le médiateur au criminel: Donc je veux que vous lui disiez maintenant ce qui se passait en vous au moment vous le faisiez. Qu'est-ce qui se passait ?
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Le criminel: Je suis désolé.
 
Le criminel: Je suis désolé.
  
Le médiateur: Non, ce mot ne me dit rien. Vous avez probablement déjà dit que vous êtiez désolé de tout ce que vous avez fait. Vous avez probablement été éduqué à dire ça machinalement. Si quelqu'un pense que vous avez tort, vous dites que vous êtes désolé et ensuite vous êtes pardonné. Non, c'est trop facile. Je veux que vous alliez à l'intérieur de vous et que vous me disiez vraiment comment vous vous sentez maintenant que vous voyez qui souffre.
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Le médiateur: Non, ce mot ne me dit rien. Vous avez probablement déjà dit que vous êtiez désolé de tout ce que vous avez fait. Vous avez probablement été éduqué dire ça machinalement. Si quelqu'un pense que vous avez tort, vous dites que vous êtes désolé et ensuite vous êtes pardonné. Non, c'est trop facile. Je veux que vous alliez à l'intérieur de vous et que vous me disiez vraiment comment vous vous sentez maintenant que vous voyez qui souffre.
  
 
Presque toujours, ils disent « ne me faites pas faire ça ». C'est douloureux d'aller à l'intérieur et de voir vraiment quelle souffrance c'est d'avoir fait des choses à une autre personne. Ce n'est pas de la honte. La honte vient d'une violence faite à soi-même – en pensant que ce que vous avez fait était mal. Ça c'est trop facile. La honte est trop superficielle. Et c'est une forme de violence vers soi. Je veux que cette personne entre en elle et souffre naturellement, mais profondément. C'est un sentiment naturel quand nous voyons que nous avons fait quelque chose qui n'a pas servi la vie. Nous avons des sentiments forts, mais jamais la honte ou la culpabilité. Les sentiments sont souvent une tristesse profonde. Un désespoir profond. Une crainte profonde. Très souvent c'est : « Je suis effrayé à mort à l'idée que je pourrais avoir fait quelque chose comme ça à quelqu'un. » Des sentiments vraiment profonds. Mais pas de honte ou de culpabilité.
 
Presque toujours, ils disent « ne me faites pas faire ça ». C'est douloureux d'aller à l'intérieur et de voir vraiment quelle souffrance c'est d'avoir fait des choses à une autre personne. Ce n'est pas de la honte. La honte vient d'une violence faite à soi-même – en pensant que ce que vous avez fait était mal. Ça c'est trop facile. La honte est trop superficielle. Et c'est une forme de violence vers soi. Je veux que cette personne entre en elle et souffre naturellement, mais profondément. C'est un sentiment naturel quand nous voyons que nous avons fait quelque chose qui n'a pas servi la vie. Nous avons des sentiments forts, mais jamais la honte ou la culpabilité. Les sentiments sont souvent une tristesse profonde. Un désespoir profond. Une crainte profonde. Très souvent c'est : « Je suis effrayé à mort à l'idée que je pourrais avoir fait quelque chose comme ça à quelqu'un. » Des sentiments vraiment profonds. Mais pas de honte ou de culpabilité.
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Le médiateur: Nous viendrons plus tard à pourquoi vous l'avez fait. C'est trop facile de penser qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez vous. Je veux que vous alliez à l'intérieur maintenant et que vous me disiez comment vous vous sentez de l'avoir fait. Je ne veux pas vous entendre vous juger vous-même. De vous juger vous-même va seulement vous rendre plus violent. Je veux que vous en fassiez votre deuil, je ne veux pas que vous fassiez des excuses.
 
Le médiateur: Nous viendrons plus tard à pourquoi vous l'avez fait. C'est trop facile de penser qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez vous. Je veux que vous alliez à l'intérieur maintenant et que vous me disiez comment vous vous sentez de l'avoir fait. Je ne veux pas vous entendre vous juger vous-même. De vous juger vous-même va seulement vous rendre plus violent. Je veux que vous en fassiez votre deuil, je ne veux pas que vous fassiez des excuses.
  
Et ensuite après le deuil, nous allons à l'intérieur et puis nous donnons de l'empathie aux raisons pour lesquelles la personne l'a fait. Vous voyez, la raison pour laquelle une personne fait cela, c'est toujours pour répondre à un besoin humain, à un ou plusieurs besoins.
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Et ensuite après le deuil, nous allons à l'intérieur et puis nous donnons de l'empathie aux raisons pour lesquelles la personne l'a fait. Vous voyez, la raison pour laquelle une personne fait cela c'est toujours pour répondre à un besoin humain, à un ou plusieurs besoins.
  
 
Maintenant, très souvent dans le travail que nous faisons en prison, nous n'avons pas les victimes présentes. Donc je joue le rôle de la victime et le travail que nous faisons avec les prisonniers doit les amener à entrer en empathie avec leurs victimes, à jouer ce jeu de rôle pour réaliser l'intégralité du processus même quand nous n'avons pas accès aux victimes. Mais nous voulons qu'ils rentrent en empathie avec la souffrance créée par leurs actes. Nous voulons qu'ils en fassent le deuil et ensuite nous voulons qu'ils se pardonnent en étant complètement en empathie avec les autres besoins qu'ils essayaient de satisfaire en faisant ça. Il ne s'agit pas de justifier le comportement. Cela signifie juste que quand ils peuvent voir les bonnes raisons pour lesquelles ils l'ont fait – les bonnes raisons ça veut dire qu'ils faisaient du mieux qu'ils pouvaient pour répondre à des besoins humains – alors nous pouvons commencer à essayer de trouver d'autres façons de satisfaire ces besoins qui ne passent pas par violer d'autres personnes.
 
Maintenant, très souvent dans le travail que nous faisons en prison, nous n'avons pas les victimes présentes. Donc je joue le rôle de la victime et le travail que nous faisons avec les prisonniers doit les amener à entrer en empathie avec leurs victimes, à jouer ce jeu de rôle pour réaliser l'intégralité du processus même quand nous n'avons pas accès aux victimes. Mais nous voulons qu'ils rentrent en empathie avec la souffrance créée par leurs actes. Nous voulons qu'ils en fassent le deuil et ensuite nous voulons qu'ils se pardonnent en étant complètement en empathie avec les autres besoins qu'ils essayaient de satisfaire en faisant ça. Il ne s'agit pas de justifier le comportement. Cela signifie juste que quand ils peuvent voir les bonnes raisons pour lesquelles ils l'ont fait – les bonnes raisons ça veut dire qu'ils faisaient du mieux qu'ils pouvaient pour répondre à des besoins humains – alors nous pouvons commencer à essayer de trouver d'autres façons de satisfaire ces besoins qui ne passent pas par violer d'autres personnes.
  
=== Procédure de transcription et de traduction ===
 
 
* Transcrit par Jo McHale d'un enregistrement par Beauchamp Bagenal.
 
* Première tentative de traduction en français par Nathalie et Dieudonné Dard.
 
* [[Procédure de traduction]] initiée par [http://godfreyspencer.com Godfrey Spencer]
 
 
== Dominic Barter et la Justice Restauratrice au Brésil ==
 
 
Dominic Barter, coordinateur du projet de justice restauratrice du CNVC, développe des pratiques restauratrices au Brésil depuis le milieu des années 90. Depuis 2005, son processus de Cercles Restauratifs est au centre des projets pilotes du Ministère de la Justice brésilien en matière de Justice Restauratrice.
 
 
Introduits dans les écoles secondaires, les tribunaux pour mineurs, les prisons pour jeunes, les refuges municipaux, les services de police et les communautés locales, les cercles ont entraîné un profond changement de paradigme dans la manière dont la justice est rendue - créant la guérison et la sécurité là où le conflit et la criminalité avaient entraîné la division et la peur.
 
 
Au cours des trois dernières années, les cercles ont été partagés dans 11 pays et des projets sont en cours dans les familles, les tribunaux, les prisons, les écoles et les communautés
 
 
Les Cercles Restauratifs sont profondément alignés sur les principes et la pratique de la Communication NonViolente, créant un pouvoir partagé et s'engageant avec le sens sous-jacent dans le conflit et le crime afin de produire des actes mesurables qui guérissent et connectent.
 
Les Cercles réunissent les trois parties impliquées dans des actes douloureux : ceux qui ont commis l'acte, ceux qui en ont fait les frais et ceux qui forment la communauté de ceux qui sont indirectement touchés.
 
 
Grâce à un processus de dialogue basé sur les besoins, les participants sont invités à retrouver la capacité de se comprendre, de tirer les leçons de ce qui s'est passé et de faire un plan spécifique pour l'avenir, conçu pour apporter des avantages à tous et des changements dans les conditions sociales dans lesquelles le conflit a surgi.
 
Plus qu'une méthodologie, les Cercles Restauratifs sont la pièce maîtresse d'une réponse systémique à la sécurité communautaire qui introduit la non-violence dans la vie publique sous une forme tangible et constructive.
 
 
== Liens externes ==
 
 
* [http://godfreyspencer.com/fr/justice_fr.htm Une autre traduction]
 
 
 
 
[[en:Restorative justice]]
 
  
[[Catégorie:Traduction étape 1]]
+
Transcrit par Jo McHale d'un enregistrement par Beauchamp Bagenal. Tentative de traduction en français par Nathalie et Dieudonné Dard.
[[Catégorie:Justice réparatrice]]
 
[[Catégorie:Justice restaurative]]
 

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