La Révolution Restaurative : Différence entre versions

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''Ci-dessous une traduction de la page ''[http://www.improvecommunication.net/2011/02/restorative-revolution.html The Restorative Revolution]'', publiée par Elaine Shpungin, le 15 février 2011.''
 
''Ci-dessous une traduction de la page ''[http://www.improvecommunication.net/2011/02/restorative-revolution.html The Restorative Revolution]'', publiée par Elaine Shpungin, le 15 février 2011.''
  
[[Fichier:Tracks foxrosser.jpg|thumb|213px|center|Photo de [http://www.flickr.com/photos/foxrosser/ foxrosser] sur Flickr]]
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<font color = 8f210e>'''Ça peut vous paraître dingue - mais je pense que nous sommes prêts pour une Révolution.'''</font>
 
<font color = 8f210e>'''Ça peut vous paraître dingue - mais je pense que nous sommes prêts pour une Révolution.'''</font>

Version du 31 mars 2011 à 18:16

Ci-dessous une traduction de la page The Restorative Revolution, publiée par Elaine Shpungin, le 15 février 2011.

Photo de foxrosser sur Flickr

Ça peut vous paraître dingue - mais je pense que nous sommes prêts pour une Révolution.

Je veux parler d'une révolution dans l'approche que nous avons de la justice, la transgression, la peine, du délit, et des conflits de tous les jours que vivent les gens ordinaires. Je veux parler de la façon dont nous nous traitons les uns les autres après nous être mutuellement blessés - même quand les blessures sont très profondes - et de la façon dont nous traitons ceux qui sont moins puissants que nous, quand la « justice » est entre nos mains.


Je parle de transformation, à l'échelle de la société, d'un changement d'optique, d'une révolution qui nous touche tous - de l'ampleur de celle des droits civiques des années 1960 et des mouvements des droits des femmes - une révolution dans notre façon de penser qui nous sommes et comment nous vivons, travaillons et aimons ensemble .

Pas une solution à tout. Pas une panacée, une utopie, "peace and love" pour tous. Mais un changement fondamental dans la compréhension collective de ce qui pourrait être possible.

Je le ressens dans mes os, tel le grondement d'un train qui se propage le long des rails, longtemps avant que l'on puisse voir ses lumières apparaître derrière le virage.

Les gens sentent le lourd grincement du système de justice actuel, la façon dont il est "sur-chargé" et "sous-humain", la manière dont il prend nos fils et nos filles, nièces et neveux et les rend à nos collectivités plus endurcis et moins intégrés qu'ils ne l'étaient auparavant, la façon dont il crée des clivages entre nous, diminue, plus qu'il ne l'augmente, le sentiment de sécurité auquel nous aspirons tous.

Les gens deviennent aussi insatisfaits de la façon dont nous reproduisons, sans nous en rendre compte, ce même modèle dans nos foyers avec les personnes qui nous sont les plus précieuses, ainsi que dans nos communautés, lieux où nous passons nos journées.

Dans mon travail, je fais appel à de multiples formes de communication et depuis longtemps je parle aux gens d'empathie, de guérison et de dialogue.

Mais quand je mentionne le travail des pratiques restauratives dans lequel je suis impliquée, les gens réagissent avec une forme d'excitation, une énergie que je n'avais encore jamais vues. Leurs yeux s'illuminent. Ils sourient. Ils veulent en savoir plus. Ils veulent s'impliquer.

Je parle de personnes quelles que soient leurs différences économiques et sociales, d'âge ou de race : de gestionnaires qui travaillent dans le système de justice classique et de grand-mères de garçons dans les prisons locales, d'universitaires et de militants, de rabbins et de ministres conservateurs, d'enseignants et de parents, d'élèves de collège et de poètes. Lorsque je partage ce qui pourrait être possible, il y a une étincelle, un sursaut d'espoir.


Et cet espace du possible est une façon de vivre les conflits et la justice où chaque voix - et chaque place - est entendue, où les personnes qui ont souffert ont l'occasion de poser leurs questions les plus difficiles. Où ceux qui ont causé la douleur peuvent faire l'expérience de l'impact de leurs actes et en sortir en se sentant plus humains, pas moins. Ce qui est possible c'est de trouver des solutions aux conflits, qui paraissaient incroyables avant de les avoir entendues - car elles découlent de la créativité humaine encore inexploitée dans la manière actuelle de faire les choses - et auxquelles adhèrent tous ceux qui sont touchés par le conflit.

Les pratiques de justice réparatrice, aussi anciennes que la société humaine, ont fait leur retour dans notre savoir collectif. Certaines d'entre elles, comme la pratique des Cercles Restauratifs dont j'ai fait l'apprentissage, revêtent un aspect plus moderne, forgé dans les feux du centre-ville de favelas brésiliennes où la drogue, la violence armée, les tensions raciales et une pauvreté annihilante se superposent à une lutte pour la survie au quotidien.

Et c'est ce contexte qui rend la possibilité si palpable. Il y a une autre approche et elle fonctionne. Elle travaille à ré-humaniser les personnes et restaurer les liens entre elles, dans les circonstances les plus éprouvantes au delà des fractures les plus profondes. Dans un lieu où une beauté et une disparité incroyables vont main dans la main, des pratiques de justice réparatrice se développent et sont de plus en plus adoptées par les établissements scolaires, les tribunaux pour enfants, les prisons pour mineurs, dans les quartiers et les foyers, les candidats à la présidentielle et les plus grands médias. Les Cercles Restauratifs remportent des prix, font basculer des situations, changent des vies et modifient la façon dont les personnes pensent et vivent le conflit.

Pas une solution à tout. Pas une panacée, une utopie, "peace and love" pour tous. Mais un changement fondamental dans la compréhension collective de ce qui pourrait être possible.

Une Révolution Restaurative. Elle arrive.

Vous montez à bord ?